Interview sur le Logement et l'Habitat
Interview de Martine L'Hostis sur le logement et l'habitat :
« D'abord faire appliquer les lois »
Comment abordez-vous le problème du logement ?
Martine L'Hostis : La crise du logement comporte deux niveaux, national et local. Il est donc d'autant plus important pour un député, qui se doit à la fois de légiférer pour répondre aux problèmes à l'échelle de la France, mais aussi de comprendre et régler les difficultés locales.
Faut-il de nouvelles lois ?
MLH : Il faudrait tout d'abord appliquer les textes existants ! Quand on sait que de nombreux maires se refusent à appliquer la loi SRU, qui impose 20% de logements sociaux dans chaque commune, c'est à désespérer de la politique, d'autant que bon nombres d'entre eux sont députés ou sénateurs : ils ont eu-même voté cette loi. La moralisation en politique, dont certains se gargarisent, passe d'abord par là. On ne peut pas réclamer quelque chose devant les caméras de télévision et faire l'inverse dans sa commune, à Neuilly comme à Vertou...
Pourquoi citer ces deux villes ?
MLH : Parce que le taux de logements sociaux y est inférieur à 5% !
Comment comptez-vous parvenir à cette application de la loi ?
MLH : Avec une majorité forte, la Gauche pourra faire appliquer ce texte, quitte à désaisir les maires récalcitrants de leur pouvoir d'accorder les permis de construire. Et croyez-moi, en tant qu'élue municipale, je sais combien cette menace peut être efficace. Quand toutes les communes appliqueront ce quota de 20%, une grande partie de la crise du logement sera résolue. Mieux : comme les logements sociaux seront disséminés dans les programmes neufs, on évitera ainsi la concentration des familles en difficultés, et tous les problèmes qui peuvent en découler.
Cela vous paraît suffisant ?
MLH : Indispensable, oui, suffisants, sûrement pas : il faut prendre en parallèle d'autres mesures. Les loyers doivent être limités à 25% du revenu des foyers les plus modestes, grâce à la création d'un véritable « bouclier logement ». Et dans le même temps, il faut créer un service public de la caution, pour supprimer les discriminations qui sont encore beaucoup trop nombreuses. Enfin il faut accompagner les familles aux revenus moyens qui souhaitent accéder à la propriété. Cela peut se faire notamment par des dispositifs fiscaux nouveaux, et le lancement de programmes de logements abordables.
Et à l'échelon local ?
MLH : Ces projets doivent être renforcés par les collectivités locales. Par exemple, le Conseil général de Loire-Atlantique a décidé l'année dernière de prendre la compétence des aides à la pierre. Cela signifie que les aides de l'État sont désormais attribuées par le Département, qui connaît parfaitement le marché immobilier local, ses difficultés, ses manques. Et il adapte les aides en fonctions de ces critères, dans l'objectif de limiter la spéculation immobilière et l'étalement urbain, deux fléaux qui obligent les familles les moins aisés à s'exiler loin des centres des villes.
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